Ana Alcaide

Espagne - Méditerranée Musique du monde

Biographie :

Le parcours d’Ana Alcaïde est riche en détours et en aventures, et n’a pas toujours été focalisé sur la musique. En effet, après avoir commencé à jouer du violon à l’âge de sept ans et après avoir étudié la musique pendant huit ans, elle se dirige vers la biologie, et obtient sa licence dans le domaine à la prestigieuse Université Complutense de Madrid. Sa passion pour la botanique l’emmène ensuite faire des recherches dans le désert de Baja en Californie, au Mexique, puis dans les forêts de Scandinavie. C’est en Suède, où elle séjourne après avoir été admise à l’Université de Lund, qu’elle fait alors une rencontre décisive pour sa carrière. Non pas une personne, mais un instrument de musique du Moyen Âge : le nyckelharpa.

Elle apprend dès lors à maîtriser cet instrument et abandonne ses études de biologie. Après avoir joué un temps du nyckelharpa dans les rues de Tolède, elle retourne en Suède en 2005 et entre à l’académie de musique de Malmö. Tout en perfectionnant sa connaissance de la fameuse vièle suédoise, Ana Alcaïde explore d’autres instruments, d’autres traditions musicales, et prend aussi des cours de chant. Elle finit par obtenir son diplôme dans le cadre d’un programme personnalisé, où elle s’oriente vers la musique du monde, alliant ainsi musiques traditionnelles et techniques contemporaines.

Carlos Beceiro, membre du groupe La Musgaña, l’accompagne et décide de produire ses albums. En 2006, elle enregistre son premier opus, Viola de Teclas, et devient une pionnière du nyckelharpa en Espagne. L’originalité de son style réside dans le mélange entre la musique espagnole et les sonorités suédoises qu’apporte son instrument de prédilection. Un deuxième album paraît en 2008, Como la luna y el sol, résultat de son projet de fin d’études. Elle s’y inspire de la culture séfarade, rappelant le passé de Tolède, ville multiculturelle où Juifs, Chrétiens et Musulmans cohabitaient en parfaite harmonie.

Elle poursuit cette réflexion sur le croisement des cultures avec son troisième album, La cantiga del fuego, paru en 2012. Ses compositions deviennent le lieu de rencontre des légendes tolédanes, des chants séfarades, bulgares ou roumains, et même d’un ancien poème perse. Le oud, le bouzouki, la mandola, le luth médiéval, la harpe celtique et bien sûr le nyckelharpa y unissent leurs voix avec celle de la chanteuse pour une exploration délicate et inspirée des résonnances du monde.

 

En 2013, un producteur indonésien la remarque et l’invite dans son pays. Après plusieurs séjours, elle enregistre, sur place, un album pour lequel elle collabore avec le Gotrasawala Ensemble, Tales of Pangea. Dans cet album aérien, le bagage musical d’Ana Alcaïde est rejoint par des instruments indonésiens tels le Bansing, le Kecapi ou le tambour Hung, ainsi que par la voix de Novi Aksmiranti, qui chante dans la langue locale. Comme quoi l’aventurière n’a pas fini d’élargir son horizon et de nous proposer des musiques pour lesquelles le mot frontière n’a aucun sens.

Ana Alcaide

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