Djely Tapa

Mali-Qc

Biographie :

Descendante d’une lignée illustre de griots maliens, la chanteuse Djeli Tapa anime la scène canadienne avec un répertoire en suspens entre ambiances sahéliennes, blues et électro

Reflet de son identité musicale, son nouvel album à diffusion internationale est un hommage retentissant à la femme et à l’africanite.                  

La voix haut-perchée, le débit incandescent, le geste élégant, Djely Tapa est une vocaliste racée. Ses envolées vertigineuses s’éteignent dans des murmures étouffés et laissent le public à bouche bée. Comme en juillet dernier, à Montréal, lors du 32ème Festival International Nuits d’Afrique, où elle a partagé l’affiche avec les vedettes de la musique africaine Femi Kuti et Sekouba Bambino. 

La cantatrice, originaire de la région de Kayes, dans l’Ouest du Mali, colporte sur la scène internationale le verbe empreint de sagesse et l’art vocal des griots, figures emblématiques de la société malienne ancienne et contemporaine, dont les origines remontent à l’Empire Mandingue du 13ème siècle. « Maîtres de la parole » et dépositaires de la connaissance orale, musiciens et joueurs de kora -la harpe à 21 cordes, leur instrument de prédilection-, les griots (djely, en langue bambara) sont avant tout des historiens. Dans leurs récits chargés de métaphores, ils déclinent les généalogies des nobles de l’Empire et les hauts faits de ses guerriers.

Installée au Canada, Djely Tapa intègre vite le milieu artistique local. Parmi ses expériences, des collaborations importantes (Robert Lépine, Zal Cissoko, Afrotronix, cirque Kalabanté Afrikana Soul Sister, Abdoulaye Koné) et la participation à des événements de renommée (Francofolies de Montréal, FolkFest de Vancouver). Ses rencontres avec des artistes chevronnées (sa compatriote Oumou Sangaré, la mexicaine Claudia Martinez ou la québécoise Sylvie Desgroseillers), lui ont suggéré des ouvertures sur le plan de la recherche et de la création musicales.  

Retour au chant

Issue d’une lignée illustre de griots la région de kayes , Djely Tapa est la fille du mythique griot et danseur Djely Bouya Diarra et de Kandia Kouyaté, l’une des plus grandes cantatrices du Mali. Dès son enfance, elle commence à chanter : « Je suis née dans une famille où la musique, le chant et la danse font partie du quotidien dit-elle. Ma grand-mère Djely Tapa Soumano était une grande griotte de Kayes et animait  toutes les cérémonies, les baptêmes, les mariages. Toute petite, j’ai appris auprès d’elle, de mes tantes et de ma mère cette pratique vocale qui est mon héritage ».  

Au seuil de l’adolescence, elle arrête le chant pour se consacrer à ses études et prendre son bac car, « pour moi, il est important qu’un enfant de griot sache lire, écrire, faire des longues études ».

A son arrivée au Canada, rien ne laisse prévoir son retour à la musique. Mais elle est vite sollicitée par ses congénères de la diaspora noire à Montréal : « Recommencer avec la musique, ça a été tout d’abord une obligation, affirme-t-elle. Il n’y avait pas de griottes dans la communauté africaine et j’ai été appelée à jouer mon rôle ». Fille de griots, dont le métier est une fonction sociale, voire une mission, Djely Tapa relève le défi !

Pourtant, revenir au chant n’a pas été facile : « J’ai été bercée par les histoires, les contes et la danse, mais la scène est une autre chose. On naît griotte, mais artiste, on le devient. C’est un métier qu’il faut apprendre. Peu à peu, j’ai retrouvé ma voix. Mes voyages au pays m’ont permis de m’imprégner des divers styles de musique du Mali. Au Canada également, je me suis intéressée à d’autres genres, comme le jazz et l’électro ».

Un challenge audacieux

Quatorze ans après, le défi est gagné. Star incontournable du le paysage musical canadien et québécois, Sountougoumba Diarra -c’est son vrai nom- a créé trois ensembles : un duo voix-kora avec Djely Mory Tounkara et deux groupes, Les Griots de Montréal et Djelygroove.

Son double but : être ambassadrice de la djeliya, l’art de la griotique, et explorer les nouvelles frontières d’un style, le sien, porteur de valeurs universelles et à la fois ancré dans un contexte historique et culturel spécifique. Le challenge est audace : faire « groover » dans la jungle urbaine la mélopée sahélienne avec ses ambiances épurées, rendre audible le chant lumineux des griots mandingues dans un monde à haute densité sonore… Pas évident !

Néanmoins et en développant ses connaissances musicales sur la scène montréalaise, Djely Tapa enrichit son répertoire qui évolue dans le sens souhaité. Dans sa formation Djelygroove, les nappes électroniques et les atmosphères jazzy rendent plus percutante sa voix qui en gagne en intensité.

Djely Tapa

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Les spectacles de l'artiste: