Emel Mathlouthi

Tunisie

Biographie :

Née en 1982 à Tunis, Emel Mathlouthi est devenue ces dernières années une des voix les plus en vue de la scène arabophone, une voix profonde, une voix de diva, à l’énergie débridée et à la liberté assumée.

Pourtant, rien ne prédisait un tel destin. Certes, elle monte sur scène pour la première fois alors qu’elle n’a que 8 ans dans un théâtre de la banlieue de Tunis. Certes, dès son enfance, entourée des vinyles de son père, elle se familiarise avec la musique classique, la musique contestataire arabe et latinoaméricaine. Mais il faut attendre ses 15 ans pour qu’elle se mette au chant. Et, comme on n’échappe pas à son destin, sur l’insistance de ses amis de l’université, elle crée un groupe de rock. C’est à ce moment là qu’elle se met à la guitare.

Grâce à cet apprentissage précoce mais tout en longueur, elle compte parmi ses influences Bob Dylan et Joan Baez, Chikh Imam, l’Egyptien, et Marcel Khalifa, le Libanais… En l’écoutant, il est évident que sa voix emprunte effectivement à Joan Baez mais aussi à la chanteuse de fado Amalia Rodriguez. Ses musiques alternent sons orientaux et rock, teintés parfois de trip hop et de musique tzigane.

Sur scène, elle transmet avec intensité, l’émotion et la profondeur des textes qu’elle écrit, en arabe tunisien et en arabe littéraire. Elle compose également ses mélodies. En 2006, elle est finaliste du prix RMC Moyen-Orient. L’année suivante, elle s’installe en France. Ses textes prennent alors une forme plus nostalgique, chantant la douleur de l’exil, la nostalgie du pays natal, les espoirs et les désillusions…

Elle devient rapidement l’une des figures les plus emblématiques des musiques arabes actuelles. La révolution tunisienne, au début de l’année 2010, la place en première ligne de ces jeunes artistes libres et pleins d’espoir, bien décidés à profiter de ce nouveau souffle. En 2012, elle sort son premier album Kelmti Horra, ce qui signifie « Ma parole est libre ». 

Son succès ne ternit pas dans les années qui suivent. Elle participe en 2013 au premier concert de femmes solistes donné à l’opéra de Téhéran depuis la Révolution de 1979 et participe au documentaire No Land’s Song de Ayat Najafi, qui relate l’événement. Sa chanson Kelmti Horra, qui était devenue un hymne durant la révolution de jasmin en 2010, est interprétée par un grand orchestre durant la cérémonie du Prix Nobel de la Paix en 2015. 

Son deuxième disque, Ensen, est paru au début de l’année 2017. La musique électro y rencontre les sons des instruments traditionnels, et l’artiste privilégie l’émotion pour mieux dépasser les genres et les appartenances. Si Emel Mathlouthi se détache désormais du contexte des révolutions arabes, ses chansons n’en portent pas moins un discours engagé, notamment contre les inégalités du monde contemporain. Elle appelle néanmoins à l’espoir et au combat dans ses titres tournés vers la jeunesse et vers les lendemains. Désormais basée à New York, l’artiste ne cesse d’explorer et d’essayer de nouvelles voies,  toujours en quête de liberté.

Emel Mathlouthi

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Les spectacles de l'artiste:

Disques :

Festival International Nuits d'Afrique -Compilation 2012