Habib Koité & Bassekou Kouyate

Mali

Biographie :

HABIB KOITÉ

Né dans une famille de musiciens, Habib grandit avec sa mère, chanteuse dans les mariages, et son père, qui gratte souvent une guitare et de son grand-père, fort habile au n’goni. Lorsque son père meurt, le jeune garçon trouve auprès de son frère aîné un allié bienvenu pour apprendre quelques rudiments de guitare sur la vieille six cordes traînant à la maison.

Après ses études secondaires, si ce n’avait été l’intervention d’un oncle avisé, il aurait sans doute entamé un cursus devant déboucher sur une carrière d’ingénieur. Mais l’oncle en question avait repéré chez le petit un vrai talent pour la musique. Suivant ses conseils, Habib Koité, finalement, entre à l’Institut National des Arts (INA) de Bamako.À l’INA, son professeur s’appelle Kalilou Traoré, c’est l’un de ces anciens étudiants partis à Cuba en 1964 pour recevoir une formation musicale et qui mettront sur pieds le fameux groupe Las Maravillas du Mali.

Après quatre années, pendant lesquelles il se voit confier la direction de l’INA Star, l’orchestre de l’école, Habib Koité sort major de sa promotion. Il commence son apprentissage de la scène au sein du groupe les Crocos, forme un duo de guitare avec Oumar Koïta, joue dans un quartet de jazz avec des amis français fonctionnaires à Bamako, ou bien avec des musiciens ivoiriens.

Les choses sérieuses commencent en 1988, quand il forme avec des amis d’enfance son groupe Bamada (surnom des habitants de Bamako, signifiant "dans la gueule du crocodile"). "On a commencé à répéter dans les chambres, chez nous, puis dans les bars, des soirées dansantes comme à l’Écuelle, un bistro où les gens savaient que l’on jouait régulièrement." Parallèlement à ses fonctions à l’INA et à ces années annonçant les prémices d’une carrière musicale sous son propre nom, Habib Koité fréquente des musiciens maliens déjà reconnus, tels que le balafoniste Kélétigui Diabaté, ou encore le joueur de kora Toumani Diabaté qui l’invitera à participer à l’enregistrement de son album "Shake The World" en 1991.

Cette année-là est également celle où, grâce à l’aide d’un ami français, il chante à Perpignan, en France. Il y obtient le premier prix du festival Voxpole. Une distinction lui permettant de financer l’enregistrement de deux titres en studio, "Cigarette A Bana", qu’une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest va plébisciter et "Nanalé" ("L’Hirondelle", dont les paroles évoquent des femmes de la nuit en chasse de chair humaine), après lequel il reçoit le prix Découvertes de RFI en 1993.

L’année suivante, grâce à la bourse assortie à ce prix, il suit avec Bamada un stage de formation musicale à Paris et il effectue sa première tournée hors d’Afrique. On le verra notamment aux Francofolies de La Rochelle en France et de Spa en Belgique, au Festival des Nuits d’Afrique à Montréal.

Après la sortie européenne du second album, "Ma Ya", en 1998, il abandonne définitivement ses élèves de l’INA pour se consacrer pleinement et sans frein au développement de sa carrière. Direction l’Amérique. La conquête s’enclenche en 1999 et se poursuit l’année suivante avec notamment une tournée en compagnie du groupe de free jazz Art Ensemble of Chicago.

Ses fans sont de plus en plus nombreux et ardents de l’autre côté de l’Atlantique. On verra même Bonnie Raitt, conquise, le rejoindre sur scène à Los Angeles et San Francisco. Dans son troisième album, "Baro" sorti en mai 2001, il reprend son titre fétiche, "Cigarette A Bana" en lui donnant une touche latino très à-propos (chantant même en espagnol).

Avec l’idée de fédérer toutes les traditions du patrimoine musical malien, Habib Koité crée une musique d’un éclectisme de bon aloi, un style qu’il appelle le "danssa-doso", terme bambara de son invention formé en juxtaposant "danssa" – un rythme populaire provenant de Kayes - et "doso", pour évoquer la musique des chasseurs.

 Entre 1995 et 2002, il s’est produit sur scène 560 fois, dans près de trente pays ! La tournée hivernale 2002-2003 s’annonce tout aussi chargée : 75 dates au total dont 37 aux États-Unis entre janvier et mars 2003. Entre temps, Habib Koité est récompensé aux Kora Awards en novembre 2002 en recevant le trophée du meilleur artiste d’Afrique de l’Ouest.

2005 débute une nouvelle fois en Amérique du Nord où l’artiste malien est décidément très demandé : 35 escales, aux États-Unis et au Canada, sont au programme de cette tournée qui s’achève en mars. 

De nouveau invité au Festival au désert d'Essakane en janvier 2006, l'artiste repart sur les routes dès le mois de mars : au Ghana, au Tchad, en Russie, en Autriche… Le 22 septembre démarre la tournée "Acoustic Africa" avec l'Ivoirienne Dobet Gnahoré et le Sud-africain Vusi Mahlasela. Les trois artistes partagent la même scène, prenant tour à tour le micro, jouant ensemble leurs morceaux respectifs.

2007 : "Afriki"

Trois mois plus tard, alors qu'il se prépare à repartir en tournée, le chanteur-guitariste malien sort son l'album "Afriki". Il aura attendu six ans avant de reprendre le chemin du studio. Enregistrées au Mali, en Belgique et aux États-Unis, au gré de ses déplacements et de ses disponibilités, les onze nouvelles chansons ont souvent été composées dans les chambres d'hôtel où Habib a pris l'habitude de travailler. Toujours accompagné par sa formation Bamada, il a invité également l'Ivoirienne Dobet Gnahoré et le saxophoniste américain Pee Wee Ellis qui signe les arrangements de la section de cuivres.

Très sollicité sur les continents européen et américain, il effectue d’incessants allers-retours. Au total, en douze mois, il monte sur scène à 100 reprises dans 25 pays différents et conforte ainsi un peu plus son image de globe-trotter, stakhanoviste de la scène. Une réputation qu’il entretient à un rythme à peine moins élevé l’année suivante, marquée entre autres par ses passages au Mexique, en Algérie, ou encore en Afrique australe avec ses acolytes d’Acoustic Africa, qu’il retrouve le temps de quelques concerts.

En 2011, ce projet repart sur les routes des États-Unis et du Canada, pour une trentaine de shows, mais avec d’autres partenaires : aux côtés d’Habib, cette fois, son compatriote Afel Bocoum et le Zimbabwéen Oliver Mtukudzi. Tout en continuant à se produire en parallèle avec son propre groupe, il rejoint en septembre 2011 un autre projet baptisé Five Great Guitars qui réunit des instrumentistes néerlandais et maliens autour d’un spectacle consacré à l’"African Blues". 35 concerts sont programmés aux Pays-Bas avant la fin de l’année.

2012 : "Brothers in Bamako"

Parrain du Festival au Désert près de Tombouctou, Habib Koité y donne son premier concert de 2012, avant de jouer un mois plus tard, toujours dans son pays, à Ségou, pour le Festival sur le Niger. L’artiste prend part à plusieurs projets qu’il mène de front : avec son groupe Bamada, il joue à Moscou, en Autriche, à Taïwan ; avec le collectif Five Great Guitars, il sillonne les Pays-Bas et la Belgique.

Avec le bluesman américain Éric Bibb, il parcourt l’Europe pour près de 35 concerts, afin de défendre l’album "Brothers in Bamako" qui sort en septembre et que les deux hommes avaient enregistré au tout début de l’année dans une chambre d’hôtel aménagée en studio, au cœur de la capitale malienne. Ils se connaissent et s’apprécient déjà depuis plus d’une décennie et, à leur façon, ont eu envie d’aller encore plus loin que le documentaire sur le blues, "From Mali to Mississippi", réalisé en 2003 par Martin Scorcese – et auquel Habib avait participé – en associant leurs guitares et leurs voix le temps d’un CD, avec les percussions de Mamadou Kone.

Leur association fonctionne si bien que le trio est programmé dans une cinquantaine de salles en 2013, dont la moitié en Amérique du Nord. Entre mi-octobre et fin novembre, Habib enchaîne, principalement aux Pays-Bas, 25 représentations d’"African Samba", nouvel épisode du collectif Five Great Guitars. Le planning de l’année suivante s’annonce déjà bien chargé, avec pour commencer une quinzaine de concerts avec son groupe aux États-Unis et au Canada.

BASSEKOU KOUYATÉ

Maître incontesté du Ngoni, le Malien Bassekou Kouyaté est de retour avec son nouvel album « Jama ko ». Un album enregistré avec une nouvelle équipe, des invités prestigieux mais surtout ancré dans la dure réalité du Mali d’aujourd’hui.

Après deux albums remarqués, des centaines de concerts à travers le monde, sa participation au pharaonique projet AfroCubism et à celui d’Africa Express, il était temps pour Bassekou Kouyaté et son groupe Ngoni Ba de revenir devant nous en proposant douze nouveaux titres.

« Jama Ko, c’est pour tout le monde » dit Bassekou Kouyate quand il explique le titre de son troisième album. « Il y a plus de 90% de musulmans au Mali, mais notre vision de l’islam ne correspond en rien avec la vision radicale de la charia : ce n’est pas notre culture. Nous interprétons des chants et des prières en l’honneur du Prophète depuis des centaines d’années. Si les islamistes empêchent les gens de faire de la musique c’est comme s’ils arrachaient le cœur du Mali.

L’enregistrement de Jama ko s’est déroulé en mars 2012 à Bamako, avec une toute nouvelle équipe de musiciens dont les deux fils de Bassekou, Madou et Moustafa, le maître du ngoni Abou Sissoko et un grand nombre d’autres musiciens locaux.

La teneur politique de l’album fut simplement le fruit des circonstances. Dans l’après-midi du premier jour de studio, l’armée a renversé le président Amadou Toumani Toure (ATT). Ce fut un choc pour Bassekou puisque le président était un grand défenseur de sa musique. Entre les coupures de courant, le manque d’essence et les horaires incertains des couvre-feux quotidiens, l’enregistrement s’est poursuivi. Pendant ce temps, la situation au nord Mali s’est aggravée de jour en jour. Une réponse musicale à cette situation a commencé à prendre forme dans l’intimité du studio. Au lieu de rester calme, Bassekou brancha sa pédale wah-wah, mis son ampli à fond et se laissa aller, donnant vie au morceau « Ne me Fatigue Pas ».

On peut entendre le coeur de la musique malienne qui bat dans cette musique. Kasse Mady Diabate est présent sur la chanson « Sinaly » aux influences latines – il y parle de Sinaly Diarra, un roi Bamana connu pour avoir résisté à l’islamisation forcée au 19e siècle. « Kele Lagni » est un duo entre Amy Sacko et Khaira Arby, tous deux originaires de Tombouctou, qui appellent à faire la paix au Mali. Zoumana Tereta fait l’éloge des cultivateurs de coton du Mali dans « Mali Koori », d’une voix qui ramène l’auditeur au temps des grands guerriers Bambara. « Poye 2 », est un duo incroyable entre Bassekou et Taj Mahal (voix et guitare électrique), et s’achève sur le touchant « Moustafa », composé par le fils de Bassekou et dédié à ses parents pour tout ce qu’ils ont fait pour lui.

Howard Bilerman (Arcade Fire, Godspeed,…) a enregistré l’album au Mali et a fini par faire l’essentiel du mixage chez lui à Montréal. Andrew et Brad Barr, (Barr Brothers) ont ajouté la batterie et la guitare. Mocky Salole (Feist, Jamie Lidell) a participé aux arrangements, mais aussi en jouant du clavier et de la batterie.

Les spectacles de l'artiste: