Ziskakan

Île de la Réunion Maloya

Biographie :

Pendant longtemps, le maloya fut banni par les autorités réunionnaises. Les temps changent. Aujourd’hui, il vit en pleine lumière grâce à ces guerriers de l’ombre qui ont tout fait pour qu’il ne meure pas. Parmi ceux ayant choisi de se mobiliser en sa faveur et pour la reconnaissance de la langue créole, hier complètement niée par les élites locales, figure aux avant-postes le groupe Ziskakan. Créé en 1979 sous la forme d’une association culturelle ayant pour but ""la valorisation et la propagation de la culture réunionnaise"", Ziskakan va au départ faire figure de laboratoire d’études pour la langue créole (création d’un groupe d’études et de recherches créoles - GREC – regroupant intellectuels, chercheurs, historiens, lancement du magazine Sobat-koz, d’une radio libre - radio Ziskakan). Mais Ziskakan est avant tout un véritable groupe artistique. Un ensemble militant qui à travers le théâtre, la poésie, la danse, le chant, le conte, la musique, perpétue tout un faisceau de valeurs représentatives de la culture réunionnaise.

Le groupe enregistre trois premiers albums autofinancés dans les années 1980 et commence bientôt à tourner en dehors de l'île de la Réunion (Maurice et Seychelles). Fin 1988 et début 1989, Ziskakan brandit pour la première fois l’étendard du maloya en métropole. D’autres albums suivent, au cours desquels Ziskakan, emmené par son charismatique leader d’origine tamoule, Gilbert Pounia, ne cesse de développer une conception moderne du maloya sans en renier les racines. Très remarqué lors de son passage à l’Olympia à Paris en 1992 à l’occasion de la soirée ""La Réunion des Musiques"", le groupe est repéré par Philippe Constantin, alors directeur chez Polygram. Le résultat ne se fait pas attendre : Ziskakan enregistre à Dakar Kaskasnikola, son septième album et le premier chez une major (sur Mango, label satellite d’Island). En 1994, le groupe participe à des festivals importants en Europe et à la tournée ""Africa Fêtes"" aux États-Unis.

Deux ans plus tard sort Soley glasé, enregistré à Londres et Bruxelles. L’album s’achève sur une reprise de ""Bato fou"", un titre datant de 1981, l’un des plus grinçants qu’ait écrit Gilbert Pounia (""Ils nous ont donné l’ordre de nous blanchir la peau, d’apprendre le français vite fait pour que les patrons français n’aient pas trop de problèmes… ""). En 1998, Ziskakan se disloque brièvement mais Gilbert Pounia remet le pied à l’étrier et réunit une nouvelle formation, entièrement acoustique. Enregistré en 1999 à la Réunion, mixé à Paris, l’album 4 ti mo paraît en 2001 chez Créon Music. Gilbert Pounia renoue à cette époque avec la terre de ses ancêtres. En effet, il se rend à Bombay en Inde pour enregistrer les morceaux qu'il a préparés à la Réunion. Il travaille sur les sons d'instruments tels que sarod, shennai ou flûte, cette dernière étant confiée à Rupark Kulkarnik, élève du fameux musicien Hari Trasad-Chaorasia. En décembre 2001 paraît donc Rimayer, un album aux sonorités indiennes. Quelques années plus tard, toujours sous influence de l'Inde, le groupe enregistre l’album Banjara, qui fait référence aux Gitans, croisés ici ou ailleurs. 

Pour ses trente années d'existence, en 2009, Ziskakan revient avec l'album Madagascar. Le groupe est cette fois allé explorer les terres voisines de l'île Rouge, inspiré par les textes d'un ami de Gilbert Pounia, Serge Urlentin, qui y passa sa jeunesse. Tout l'album est imprégné d'une douce nostalgie évoquant l'enfance, baignant dans un maloya au son épuré. Le 30 mai, Ziskakan célèbre ses 30 ans sur scène, au Tampon à La Réunion. En 2010, le groupe se produit en clôture du festival Sakifo à La Réunion, accompagné sur scène du musicien Matthieu Chédid et du rappeur réunionnais Alex Sorres. Puis retour en studio en Inde pour le groupe, qui enregistre son onzième album, 32 Desanm paru en novembre 2012. Inspiré par des poètes de son île et sa culture métissée, Gilbert Pounia a conçu cet album en imaginant un jour rêvé, le ""32 desanm"" (32 décembre), où le monde serait libre et en paix.

Leur album le plus récent est paru en 2015. Intitulé Romans pou Rico, il retrace les 35 ans de carrière du groupe et se recentre vers l’essentiel, en mettant en valeur les textes par l’acoustique. En 2016, Ziskakan donne un concert pour la première fois à Montréal dans le cadre de Nuits d’Afrique, aux côtés de Maya Kamaty, la fille de Gilbert Pounia, devenue elle aussi une musicienne incontournable. Alors qu’on s’approche doucement de la quarantaine de Ziskakan, une longévité exceptionnelle, on ne peut que se réjouir de les retrouver cette année sur scène !

 

Ziskakan

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Les spectacles de l'artiste: