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Salif Keita

Mali

SALIF KEITA

Pays : Mali

 

 

Ambassadeur de la musique malienne depuis ses débuts à Bamako et à Abidjan dans les années 1970, devenu superstar africaine et un des piliers de la « World music » depuis les années 1980, Salif Keita fête 50 ans de carrière et 70 ans de vie avec la sortie de son ultime album, « Un autre blanc ».

 

Surnommé « la voix d’or » ou « le rossignol » de l’Afrique, Salif Keita n’était pourtant pas destiné à faire de la musique. Né à Djoliba, un village aux bords du fleuve Niger, il compte parmi ses ancêtres le fondateur de l’emprire mandingue, qui s’étendait de l’Atlantique jusqu’au Niger. La famille Keita s’oppose à ce qu’il devienne musicien car seule la caste des griots, qui perpétuent la tradition orale par la musique, est autorisée à s’engager dans cette voie.

 

Né albinos, Salif Keita est rejeté par son père et disciminé par les autres enfants. Le jeune Salif voulait devenir instituteur, mais est disqualifié à cause de la couleur de sa peau, anormalement blanche et de sa vue faible. C’est donc la musique qui a sauvé sa vie en lui permettant de voyager et de toucher des millions de personnes. Être albinos – et sa voix d’or – a fait de lui un gagnant au lieu d’un perdant. Un humaniste et non une victime.

 

Chanteur dans l’orchestre Super Rail Band à l’hôtel de la gare à Bamako, puis vedette du groupe Les Ambassadeurs, puis des Ambassadeus Internationaux à Abidjan, Salif Keita se fait vite remarquer. Il est décoré par le président guinéen Ahmed SékouTouré en 1977, puis connaît succès immédiat avec son premier album, « Mandjou », dont le titre-phare rend hommage au peuple mandingue et au président Touré, pionnier de la décolonisation africaine. Ce titre essentiel dans la discographie de Salif instaure le triumvirat de son orchestration: guitare, orgue et saxophone.

 

Dans les années 1980, son succès dans les festivals français l’amène à s’installer à Montreuil, en banlieue de Paris, où il est proche de la communauté malienne. Il enregistre son 2e album, « Soro », qui est produit par le Sénégalais Ibrahima Sylla, en fait le fondateur de l’afro-pop et propulse sa carrière sur la scène européenne.

 

En 1988, il participe au concert pour la libération de Nelson Mandela au stade Wembley de Londres, puis s’insurge contre la reconduite à la frontière des immigrés africains avec le tube « Nous pas bouger », extrait de l’album « Ko-Yan » (1989). Suit « Amen », opus enregistré en 1991 avec les jazzmen américains Joe Zawinul et Wayne Shorter, ainsi qu’avec le guitariste Carlos Santana. Ce dernier dira de Salif Keita qu“’il est, par la puissance et la beauté de sa voix, l’un des plus grands chanteurs qu’il ait connu”.

 

Salif Keita n’oublie pas ses origines et continue de s’engager pour les siens. Il crée une fondation en soutien aux albinos, qui sont victimes de discriminations et même de sacrifices humains en Afrique – on leur attribue des pouvoirs maléfiques – et appuyera cette cause tout au long de sa carrière. Ainsi sur la couverture de l’album « Folon » (1995) figure sa fille Nantenin, albinos comme lui. Notons que Nantenin a été élevée en France pour échapper à ces persécutions et qu’elle est devenue championne du monde et championne paralympique d’athlétisme.

 

Salif Keita fonde aussi le studio Wanda à Bamako, où il invite la relève de la musique malienne (dont la chanteuse Rokia Traoré). Son album « Moffou » (2002) signe son retour et le propulse au rang de star mondiale, avec plus de 250 000 exemplaires vendus. La version disco du titre « Madan » par Martin Solveig remporte un tel succès qu’il lance en 2004 « Remixes from Moffou ». L’afro-électro est dans la place!

 

De retour au Mali en 2004, le fils prodique donne trois concerts-monstres et organise une journée sur le thème du “développement du secteur musical africain et son impact sur la lutte contre la pauvreté, le Sida et les autres pandémies du continent”. Son implication sociale lui vaut d’être nommé Ambassadeur des Nations-Unies pour le Sport et la Musique.

 

Salif Keita valorise désormais son albinisme dans « La différence » (2009), album récompensé en 2010 aux Victoires de la musique, en France. Mariant harmonieusement musique orientale et mandingue, cette production montre aussi par son impressionnant générique de musiciens (Seb Martel, Vincent Segal, Bill Frisell, Ibrahim Maalouf,…) tout le respect artistique qu’inspire Salif Keita.

 

Au Festival Nuits d’Afrique, Salif Keita vient présenter son ultime opus « Un autre Blanc » (2019). Cet album-testament, partiellement enregistré dans son studio à Bamako, réunit de grandes stars africaines qu’il considère comme sa famille élargie : Angélique Kidjo, Ladysmith Black Mambazo, Alpha Blondy, mais aussi le jeune pape de l’afro-trap MHD et la chanteuse nigériane afro-pop Yemi Alade. Pour son groupe, il s’est entouré de valeurs sûres : le bassiste Alune Wade, le batteur Paco Séry, Hervé Samb à la guitare lead, son compatriote Cheick Tidiane Seck et son ancien producteur Jean-Philippe Rykiel aux claviers.

 

Sur la scène du M-Telus, Salif Keita interprétera ses 10 dernières chansons, dont « Were were » (« Nous sommes fiers », en malinké) qui commémore les panafricanistes comme Thomas Sankara ou Patrice Lumumba, ou « Syrie », qui dénonce les conflits armés dans le monde. On dansera sur « Tonton », le surnom affectueux que donnent les jeunes femmes à leur Sugar Daddy de maris, et aussi sur « Bah Poulo », l’histoire d’une fan peule qui a appris le malinké et le bambara pour accompagner les chansons de Salif Keita. Comme quoi, la musique rassemble les peuples!

 

Mais Salif Keita a prévenu: c’est son dernier album et probablement l’une de ses dernières tournées. Après 50 ans sur la route, le rossignol de l’Afrique a besoin de retourner se poser sur le manguier de sa terre natale.

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