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Là où la kora et le sétar se rejoignent, le monde entier tient dans deux cordes.
En 40 ans, le Festival international Nuits d’Afrique a réuni des talents et cultures sans relâche, sans frontières ni distance. D’improbables rencontres sous l’impulsion de la fusion des accords et des visions artistiques. L’Iran et le Sénégal ne font qu’un au fil de l’album ultra mélodieux Estuaire, fruit des instrumentations de musiciens renversants. Kiya Tabassian, pilier de l’ensemble musical Constantinople, chanteur et virtuose du luth sétar — un instrument à cordes pincées millénaire — et le griot koriste porte-étendard de la Teranga, Ablaye Cissoko. Une fraternité de plus d’une décennie entre l’ambassadeur du répertoire instrumental perse et l’auteur-compositeur mandingue, qui s’entend dans leur jeu d’harmonies invitant à la contemplation et à une touche mélancolique.
Il répond au titre de « passeur de mémoire ». Autodidacte génial ayant adopté le Québec à l’adolescence, Kiya Tabassian transcende une foule d’histoires tissées au simple contact de quatre cordes. Éblouissant improvisateur, il nous emporte avec ravissement du Moyen-Âge à la Renaissance en un seul accord. Constantinople cumule un nombre impressionnant de 25 albums, des œuvres saluées depuis une décennie à travers près de 300 villes dans une soixantaine de pays — un exploit pour un ensemble puisant ses références dans la cité millénaire reliant Orient et Occident.
Entre Kimintang Mahamadou Cissoko et Kiya Tabassian, la fusion est manifeste, transcendant un autre temps. Pour la troisième fois, les deux virtuoses se font face et s’abreuvent l’un de l’autre par ce dialogue maritime sétar-kora et voix. Encensé par Le Monde comme « un plaisir rare : une musique que l’on n’avait jamais entendue auparavant », le tandem Tabassian-Cissoko délivre sur Estuaire un message d’abondance et de ressourcement par la Nature — une embouchure merveilleuse entre le fleuve Karoun et le fleuve Casamance.



