À propos
Son regard mutin et son féminisme réconciliateur entre hommes et femmes nous fait du bien et apaise toute forme de tension. L’insulaire de Santiago vient à nous et franchit cette longue distance avec un album tout frais Spedju, célébration de plus de 10 ans de don musical, plus qu’un clin d’œil à « la Diva aux pieds nus » Cesária Évora et son immortelle morna « Sodade ».
Il en aura fallut de la persévérance pour monter à la surface de la Planète musique et goûter à la reconnaissance. Elida Almeida vient de très loin. Le Cap-Vert, trésor d’archipels au large du Sénégal, fut longtemps hors du circuit international. Mais avec abnégation et un talent débordant, la jeune femme a laissé sa trace sur une cinquantaine de pays. Un exploit !
Oscillant entre musique carnavalesque et confession de l’intime, une musique imprégnée des instruments capverdiens comme le coquillage Búzios. Elida exprime avec tendresse sur l’exquise « Lebam Ku Bo » (« Je t’ai pris(e) avec moi ») – chouchou du FINA – son reflet de l’appartenance, de l’attachement à l’autre et aux beaux souvenirs. Extrait de son premier album Ora Doci Ora Margos (« Moments doux, Moments amers »), l’artiste sort des chemins battus, dévoilant ses origines modestes, fille du village de Kebrada. Elle mérite le titre de Lauréate du Prix Découvertes RFI cette année-là.
Interprète fabuleuse au caractère bien trempé, tournée vers les volcans de l’île de Santiago et ses compatriotes, Almeida se déguste comme une amande croquante. Les arrangements transcendant son art enrobent sa musique ultra-dansante d’un décor multicolore et d’émotions ressenties. Gracieuse chanteuse dont on tombe en amour tellement son aura est magnétique et sa voix capiteuse. Admirez son sourire éclatant sur sa clé de sol bien à elle, au souffle de l’accordéon et du clavier en osmose. Il est si facile d’adhérer à sa conception de l’existence heureuse !


